Bon à savoir.
..vu sur le web:
..
« Il fallait garder 40% de la viande avariée »
J'ai travaillé dans une usine de « transformation de viande », et je suis dégoûté définitivement de toutes les viandes hachées surgelées et des plats préparés.
.
C'était tellement « fou » pour des gens normaux que ma famille m'a conseillé de l'écrire quelque part, ce que je n'ai jamais eu le courage de faire. Rue89 me donne l'occasion de témoigner, donc voici quelques souvenirs.
Making of
Sous le papier Minerai de viande : « Avant on n'osait pas en faire de la bouffe pour chat »,
un intérimaire a témoigné sous le pseudo de Kelval.
Ses commentaires sous l'article ont été effacés, parce qu'il y donnait trop d'information et la société qu'il dénonçait pouvait être reconnue.
Mais son expérience est si intéressante que nous avons décidé de la publier nettoyée des infos permettant de reconnaître l'employeur. N.L.B
Dans ces usines, on transforme effectivement des bas morceaux tout à fait corrects en merde.
La recette était simple :
on recevait des palettes de bas morceaux de marques de boucheries industrielles connues comme B..., qu'on décongelait dans des barattes (des sortes de monstrueuses bétonnières de deux mètres de diamètre dans lesquelles on envoie de l'eau bouillante sous pression pour décongeler tout ça en vitesse), et
on y ajoutait au cours de trois malaxages successifs entre 30 et 40% du
poids
en graisse,
plèvre,
cartilages et
autres collagènes.
On obtenait des quantités phénoménales de purée de viande qu'on mettait dans des bacs de 10 kg et qu'on tassait à coups de poings, puis qu'on renvoyait au surgélateur par palettes de 70 caisses.
Oui, car on l'ignore souvent, mais on peut surgeler de la viande plusieurs fois de suite, au contraire de la congélation classique.
Azote liquide pour agglomérer la viande.
Il y avait aussi la ligne des « cubes de viande ».
Vous êtes vous déjà demandé comment ils font pour vous servir des cubes de viande si magnifiquement cubiques ?
Voilà la recette :
en sortie de baratte, les ouvriers au nombre de deux ou trois piochent à la main d'énormes brassées de viande sanguinolente, qui sont transférées dans une sorte d'énorme presse avec de nombreuses « étagères ».
On fait descendre les mâchoires qui compressent cette viande, et pour mieux l'agglomérer, on fait circuler entre les plaques (mais, je suppose, pas en contact direct avec la viande, enfin je l'espère) de l'azote liquide.
Quand cette machine était en route ça puait tellement la chimie qu'on avait l'impression d'être près des raffineries de l'Etang de Berre...
L'azote étant un des composés de l'air, je suppose qu'il s'évaporait au sortir de la presse s'il y avait eu contact avec la viande.
Mais quand même...
Des petites quantités de viande dans la boucle depuis plusieurs mois..
Viande crue - Conanil/Flickr/CC
Après ce traitement, qui je suppose servait à « saisir » la viande pour l'agglomérer, les plaques allaient au congélateur.
Le lendemain, ces plaques étaient sorties et on les passait dans un énorme emporte-pièce hydraulique qui découpait les plaques congelées en cubes de 3 cm de côté.
Ces cubes se déversaient alors sur un tapis roulant, et 2 ou 3 ouvriers dont je faisais partie éliminaient tous les ratés, les formes bizarres, les morceaux trop petits ou trop gros.
Ça demandait une grosse concentration, et la cadence était très soutenue.
Les cubes passaient dans un autre surgélateur à l'azote, avant de se déverser dans des sacs d'environ 20 kg.
Les « non conformes » étaient conservés, passaient dans la baratte suivante, puis sur les plaques suivantes, etc.
Virtuellement, il est tout à fait possible que des petites quantités de viande faisaient la boucle baratte - plaque - surgélation - cubes - non conforme - baratte - plaque, etc. depuis des mois...
Vous pouvez vous en douter, les cadences étaient très dures à suivre, les heures supplémentaires fréquentes et le travail éreintant.
Les conditions « humaines » me semblaient particulièrement inhumaines, justement.
Cette viande a été mélangée à de la viande saine..
Les conditions d'hygiène n'étaient guère meilleures.
Je passe sur l'odeur de viande écœurante.
Le matin quand on arrivait, c'était propre ; mais très rapidement, vu nos activités, on pataugeait dans une boue grasse et sanglante qui recouvrait le sol.
Celle-ci était particulièrement glissante, donc très dangereuse.
Pour ne pas avoir à la nettoyer, et donc ralentir la cadence, on aspergeait régulièrement le sol de sel, ce qui augmentait la quantité de boue au fil des heures.
Malgré ce sel, je suis tombé plusieurs fois.
Lorsqu'on mettait la viande destinée aux cubes de viande sur les plaques, on avait très rapidement du sang sur tout le haut du corps et jusqu'aux épaules, malgré nos gants qui remontaient jusqu' aux coudes.
Ambiance, ambiance...
Enfin, il y a eu cette fois, lors un arrivage manifestement avarié
(la viande était violette, verte, jaune, et puait, bien que surgelée),
où le patron nous a imposé de trier et d'en garder impérativement 40%.
Qu'on se débrouille ! Cette viande a été mélangée à de la viande saine.
Et hop ! Ni vu, ni connu, je t'embrouille.
Une main dans le hachoir..
Nous manions des feuilles de boucher sans avoir été formés, nous étions en contact permanent avec des hachoirs, des machines rotatives...
Stress, fatigue, objets dangereux ;
avec ce cocktail, vous devinez sans doute où je veux en venir.
J'ai assisté à plusieurs accidents du travail, plus ou moins graves.
Lors du dernier en date, et celui qui m'a décidé à partir, un de mes collègues (en CDI, moi j'étais intérimaire) a passé la main dans un des monstrueux hachoirs à viande hachée.
Il poussait régulièrement la viande à la main quand elle se bloquait.
Bien sûr, à chaque remarque, il objectait qu'il « faisait gaffe ».
Cette fois ci, c'était celle de trop.
Doigts tout juste reliés à la main par des restes de peau, tendons arrachés et j'en passe.
Une catastrophe et des promesses de handicap à vie...
Alors qu'il montait dans le fourgon des pompiers, le patron est venu le voir, et lui a dit « qu'il aurait dû lui dire s'il voulait des congés, c'était pas la peine de faire ça ».
Quel connard !
J'en ai encore la gorge nouée à y repenser.
C'était un des ouvriers les plus productifs de l'usine, et il avait la trentaine, donc encore bien trente ans de boulot devant lui...
Je ne mange que la viande de mon boucher..
Inutile d'en rajouter je crois, j'ai déjà fait bien assez long.
Inutile aussi de vous dire que je suis dégoûté à vie de la viande hachée industrielle.
Le seul hachis que je mange, c'est celui que le boucher du coin de la rue sort de sa machine devant mes yeux.
J'ai toujours évité les plats préparés et préféré la bonne cuisine et le partage.
Cette expérience n'a fait que me conforter dans mes opinions.
Je n'ai jamais su qui étaient les clients de « notre » viande, et sous quelle marque elle était commercialisée.
Les conditionnements sous lesquels elle sortait (10, 20 kg ou plus) me font penser qu'elle était destinée à l'industrie agro-alimentaire (plats préparés), et certainement pas aux commerces ou supermarchés.
Je ne suis pas resté suffisamment longtemps pour en savoir plus non plus. Dès que j'ai pu, j'ai sauté sur la première mission d'intérim qui me permettait de sortir de là, en me promettant de ne jamais y retourner.
source :http://rue89.nouvelobs.com/2013/02/15/il-fallait-garder-40-de-la-viande-avariee-239652
le suivant: click sur le lien.
Minerai de viande :
..
« Il fallait garder 40% de la viande avariée »
J'ai travaillé dans une usine de « transformation de viande », et je suis dégoûté définitivement de toutes les viandes hachées surgelées et des plats préparés.
.
C'était tellement « fou » pour des gens normaux que ma famille m'a conseillé de l'écrire quelque part, ce que je n'ai jamais eu le courage de faire. Rue89 me donne l'occasion de témoigner, donc voici quelques souvenirs.
Making of
Sous le papier Minerai de viande : « Avant on n'osait pas en faire de la bouffe pour chat »,
un intérimaire a témoigné sous le pseudo de Kelval.
Ses commentaires sous l'article ont été effacés, parce qu'il y donnait trop d'information et la société qu'il dénonçait pouvait être reconnue.
Mais son expérience est si intéressante que nous avons décidé de la publier nettoyée des infos permettant de reconnaître l'employeur. N.L.B
Dans ces usines, on transforme effectivement des bas morceaux tout à fait corrects en merde.
La recette était simple :
on recevait des palettes de bas morceaux de marques de boucheries industrielles connues comme B..., qu'on décongelait dans des barattes (des sortes de monstrueuses bétonnières de deux mètres de diamètre dans lesquelles on envoie de l'eau bouillante sous pression pour décongeler tout ça en vitesse), et
on y ajoutait au cours de trois malaxages successifs entre 30 et 40% du
poids
en graisse,
plèvre,
cartilages et
autres collagènes.
On obtenait des quantités phénoménales de purée de viande qu'on mettait dans des bacs de 10 kg et qu'on tassait à coups de poings, puis qu'on renvoyait au surgélateur par palettes de 70 caisses.
Oui, car on l'ignore souvent, mais on peut surgeler de la viande plusieurs fois de suite, au contraire de la congélation classique.
Azote liquide pour agglomérer la viande.
Il y avait aussi la ligne des « cubes de viande ».
Vous êtes vous déjà demandé comment ils font pour vous servir des cubes de viande si magnifiquement cubiques ?
Voilà la recette :
en sortie de baratte, les ouvriers au nombre de deux ou trois piochent à la main d'énormes brassées de viande sanguinolente, qui sont transférées dans une sorte d'énorme presse avec de nombreuses « étagères ».
On fait descendre les mâchoires qui compressent cette viande, et pour mieux l'agglomérer, on fait circuler entre les plaques (mais, je suppose, pas en contact direct avec la viande, enfin je l'espère) de l'azote liquide.
Quand cette machine était en route ça puait tellement la chimie qu'on avait l'impression d'être près des raffineries de l'Etang de Berre...
L'azote étant un des composés de l'air, je suppose qu'il s'évaporait au sortir de la presse s'il y avait eu contact avec la viande.
Mais quand même...
Des petites quantités de viande dans la boucle depuis plusieurs mois..
Viande crue - Conanil/Flickr/CC
Après ce traitement, qui je suppose servait à « saisir » la viande pour l'agglomérer, les plaques allaient au congélateur.
Le lendemain, ces plaques étaient sorties et on les passait dans un énorme emporte-pièce hydraulique qui découpait les plaques congelées en cubes de 3 cm de côté.
Ces cubes se déversaient alors sur un tapis roulant, et 2 ou 3 ouvriers dont je faisais partie éliminaient tous les ratés, les formes bizarres, les morceaux trop petits ou trop gros.
Ça demandait une grosse concentration, et la cadence était très soutenue.
Les cubes passaient dans un autre surgélateur à l'azote, avant de se déverser dans des sacs d'environ 20 kg.
Les « non conformes » étaient conservés, passaient dans la baratte suivante, puis sur les plaques suivantes, etc.
Virtuellement, il est tout à fait possible que des petites quantités de viande faisaient la boucle baratte - plaque - surgélation - cubes - non conforme - baratte - plaque, etc. depuis des mois...
Vous pouvez vous en douter, les cadences étaient très dures à suivre, les heures supplémentaires fréquentes et le travail éreintant.
Les conditions « humaines » me semblaient particulièrement inhumaines, justement.
Cette viande a été mélangée à de la viande saine..
Les conditions d'hygiène n'étaient guère meilleures.
Je passe sur l'odeur de viande écœurante.
Le matin quand on arrivait, c'était propre ; mais très rapidement, vu nos activités, on pataugeait dans une boue grasse et sanglante qui recouvrait le sol.
Celle-ci était particulièrement glissante, donc très dangereuse.
Pour ne pas avoir à la nettoyer, et donc ralentir la cadence, on aspergeait régulièrement le sol de sel, ce qui augmentait la quantité de boue au fil des heures.
Malgré ce sel, je suis tombé plusieurs fois.
Lorsqu'on mettait la viande destinée aux cubes de viande sur les plaques, on avait très rapidement du sang sur tout le haut du corps et jusqu'aux épaules, malgré nos gants qui remontaient jusqu' aux coudes.
Ambiance, ambiance...
Enfin, il y a eu cette fois, lors un arrivage manifestement avarié
(la viande était violette, verte, jaune, et puait, bien que surgelée),
où le patron nous a imposé de trier et d'en garder impérativement 40%.
Qu'on se débrouille ! Cette viande a été mélangée à de la viande saine.
Et hop ! Ni vu, ni connu, je t'embrouille.
Une main dans le hachoir..
Nous manions des feuilles de boucher sans avoir été formés, nous étions en contact permanent avec des hachoirs, des machines rotatives...
Stress, fatigue, objets dangereux ;
avec ce cocktail, vous devinez sans doute où je veux en venir.
J'ai assisté à plusieurs accidents du travail, plus ou moins graves.
Lors du dernier en date, et celui qui m'a décidé à partir, un de mes collègues (en CDI, moi j'étais intérimaire) a passé la main dans un des monstrueux hachoirs à viande hachée.
Il poussait régulièrement la viande à la main quand elle se bloquait.
Bien sûr, à chaque remarque, il objectait qu'il « faisait gaffe ».
Cette fois ci, c'était celle de trop.
Doigts tout juste reliés à la main par des restes de peau, tendons arrachés et j'en passe.
Une catastrophe et des promesses de handicap à vie...
Alors qu'il montait dans le fourgon des pompiers, le patron est venu le voir, et lui a dit « qu'il aurait dû lui dire s'il voulait des congés, c'était pas la peine de faire ça ».
Quel connard !
J'en ai encore la gorge nouée à y repenser.
C'était un des ouvriers les plus productifs de l'usine, et il avait la trentaine, donc encore bien trente ans de boulot devant lui...
Je ne mange que la viande de mon boucher..
Inutile d'en rajouter je crois, j'ai déjà fait bien assez long.
Inutile aussi de vous dire que je suis dégoûté à vie de la viande hachée industrielle.
Le seul hachis que je mange, c'est celui que le boucher du coin de la rue sort de sa machine devant mes yeux.
J'ai toujours évité les plats préparés et préféré la bonne cuisine et le partage.
Cette expérience n'a fait que me conforter dans mes opinions.
Je n'ai jamais su qui étaient les clients de « notre » viande, et sous quelle marque elle était commercialisée.
Les conditionnements sous lesquels elle sortait (10, 20 kg ou plus) me font penser qu'elle était destinée à l'industrie agro-alimentaire (plats préparés), et certainement pas aux commerces ou supermarchés.
Je ne suis pas resté suffisamment longtemps pour en savoir plus non plus. Dès que j'ai pu, j'ai sauté sur la première mission d'intérim qui me permettait de sortir de là, en me promettant de ne jamais y retourner.
source :http://rue89.nouvelobs.com/2013/02/15/il-fallait-garder-40-de-la-viande-avariee-239652
le suivant: click sur le lien.
Minerai de viande :
« Avant, on n'osait pas en faire de la bouffe pour chat »
http://rue89.nouvelobs.com/2013/02/14/le-minerai-de-nos-lasagnes-cest-carrement-de-la-merde-239612
le suivant idem :
C'est l'histoire d'un steak
http://rue89.nouvelobs.com/rue89-eco/2013/02/17/cest-lhistoire-dun-steak-239642
Témoiniage :
L' abbatoir près de chez moi est la seule boîte du coin qui vous recrute tout de suite pour un travail identique à celui décrit ici, mais pas forcément à temps plein, hein, y a toujours de la place, mais faut pas trop la ramener. Vos collègues seront principalement roumains pas toujours francophones (et semble t il pas toujours déclarés), votre salaire minimum, prévoyez d'amener des protections complémentaires ou un change complet car ce n'est pas fourni,vos horaires aussi flexibles que ceux des caissières des hypers, la maîtrise composée de sorte de bouledogues que Zola aurait dépeint mieux que ça.
Un étudiant qui y a travaillé l'été, a laissé une moitié de phalange dans un hachoir en glissant sur le sol poisseux de sang et d'autres matières inconnues, quand le chef est arrivé, sa première réaction fut avant de l'évacuer, de verifier ses bottes, de lui affirmer qu'elles étaient lisses et que c'était de sa faute s'il était tombé. Et ça a marché...
L'industrie agro alimentaire a des méthodes aussi dégueulasses que sa production.
........................................................................................................
Avant c' était comme ça..
http://www.ferme-grumbach.com/la-ferme.php
De nos jours c' est mieux , c' est comme ça :
La Confédération paysanne a confirmé, lundi 3 novembre, faire appel du jugement de neuf militants condamnés à des amendes et à des peines de prison avec sursis pour avoir endommagé la ferme des 1 000 vaches dans la Somme.
L'exploitation de cette ferme controversée a commencé en septembre. Retour sur trois ans d'opposition à un projet en rupture totale avec le modèle français d'élevage familial.
L'entrepreneur Michel Ramery lance le projet de ferme géante..
Le projet de la ferme des mille vaches est lancé par Michel Ramery,
un entrepreneur de 64 ans qui, après avoir créé dans les années 1970 son entreprise de matériel agricole, règne aujourd'hui sur le secteur du BTP dans le Nord-Pas-de-Calais.
Son groupe, dont il est propriétaire à 100 %, emploie 3 715 salariés et a dégagé un chiffre d'affaires de 551 millions d'euros en 2013.
Le magazine Challenges classe M. Ramery au 387e rang des fortunes françaises, avec un capital estimé à 120 millions d'euros.
En 2009, Michel Ramery, par le biais de sa société civile d'exploitation agricole Côte de la justice basée à Airaines (Somme), s'associe à trois producteurs de lait au sein d'une société civile laitière baptisée Lait Pis Carde pour mettre en commun leurs quotas laitiers et constituer progressivement le futur cheptel de la ferme des mille vaches.
Deux autres producteurs le rejoindront en 2013 et gèreront une structure commune de 300 vaches qui produit 2,8 millions de litres de lait.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/09/16/la-ferme-des-mille-vaches-retour-sur-trois-ans-de-conflits_4487536_3244.html#tx7c8rZB8goPlimp.99
En avril 2011, Michel Ramery convie une quarantaine de personnalités de la région à visiter une ferme de 800 vaches dotée d'un méthaniseur en Allemagne.
Il y a des maires, dont Henri Gauret, celui de Drucat, où la ferme des milles vaches pourrait être construite, des conseillers généraux et même le sous-préfet de la Somme.
Quatre mois plus tard, Henri Gauret découvre qu'une enquête publique doit commencer le 22 août.
Son but : évaluer le projet de M. Ramery de porter son cheptel à 1 000 vaches laitières (1 720 bovins avec les veaux et génisses), de les transférer dans les communes de Drucat et de Buigny-Saint-Maclou et de mettre en place un méthanisateur associé d'une capacité de 1,489 MW –
le plus gros d'Europe.
Le 2 novembre, l'enquête d'utilité publique conclut à une forte opposition des habitants et un « climat passionnel », mais le commissaire enquêteur rend un avis favorable, estimant que les installations pourront fonctionner « sans préjudice pour l'environnement ».
Lire : Il était une fois... la ferme des mille vaches
La contestation s'organise dans la Somme
Pendant ce temps, le maire de Drucat, Henri Gauret, alerte la population du village de 900 habitants, qui commence à s'opposer au projet.
L'association Novissen (Nos villages se soucient de leur environnement) est créée en novembre 2011, présidée par le médecin-urgentiste Michel Kfoury –
elle compte aujourd'hui 2 450 adhérents.
Le 18 février 2012, l'association organise une première manifestation contre le projet de ferme, réunissant entre 600 et 700 personnes à Abbeville.
Europe Ecologie-Les Verts, la Confédération paysanne, la Coordination rurale, l'association de Brigitte Bardot et l'ONG de défense de la condition animale L214 rejoignent l'opposition au projet.
« La Coordination rurale (...) défend la liberté de développement mais s'inquiète de ce projet industriel qui soulève de nombreuses inquiétudes et incohérences », indique le syndicat agricole minoritaire dans un communiqué en mars 2012.
Selon lui, un tel élevage reviendrait à
« éliminer 20 fermes de 50 vaches (...) qui maintiennent l'activité économique et sociale de 20 villages tout en entretenant les paysages ».
Il dénonce aussi l'enfermement des animaux « 365 jours par an sans voir un brin d'herbe »,
le bilan carbone des transports de nourriture et d'effluents ainsi que l'usage, en partie, de soja importé pour l'alimentation.


Au-delà de la mise en cause du modèle d'élevage,
http://rue89.nouvelobs.com/2013/02/14/le-minerai-de-nos-lasagnes-cest-carrement-de-la-merde-239612
le suivant idem :
C'est l'histoire d'un steak
http://rue89.nouvelobs.com/rue89-eco/2013/02/17/cest-lhistoire-dun-steak-239642
Témoiniage :
L' abbatoir près de chez moi est la seule boîte du coin qui vous recrute tout de suite pour un travail identique à celui décrit ici, mais pas forcément à temps plein, hein, y a toujours de la place, mais faut pas trop la ramener. Vos collègues seront principalement roumains pas toujours francophones (et semble t il pas toujours déclarés), votre salaire minimum, prévoyez d'amener des protections complémentaires ou un change complet car ce n'est pas fourni,vos horaires aussi flexibles que ceux des caissières des hypers, la maîtrise composée de sorte de bouledogues que Zola aurait dépeint mieux que ça.
Un étudiant qui y a travaillé l'été, a laissé une moitié de phalange dans un hachoir en glissant sur le sol poisseux de sang et d'autres matières inconnues, quand le chef est arrivé, sa première réaction fut avant de l'évacuer, de verifier ses bottes, de lui affirmer qu'elles étaient lisses et que c'était de sa faute s'il était tombé. Et ça a marché...
L'industrie agro alimentaire a des méthodes aussi dégueulasses que sa production.
........................................................................................................
Avant c' était comme ça..
http://www.ferme-grumbach.com/la-ferme.php
De nos jours c' est mieux , c' est comme ça :
La Confédération paysanne a confirmé, lundi 3 novembre, faire appel du jugement de neuf militants condamnés à des amendes et à des peines de prison avec sursis pour avoir endommagé la ferme des 1 000 vaches dans la Somme.
L'exploitation de cette ferme controversée a commencé en septembre. Retour sur trois ans d'opposition à un projet en rupture totale avec le modèle français d'élevage familial.
L'entrepreneur Michel Ramery lance le projet de ferme géante..
Le projet de la ferme des mille vaches est lancé par Michel Ramery,
un entrepreneur de 64 ans qui, après avoir créé dans les années 1970 son entreprise de matériel agricole, règne aujourd'hui sur le secteur du BTP dans le Nord-Pas-de-Calais.
Son groupe, dont il est propriétaire à 100 %, emploie 3 715 salariés et a dégagé un chiffre d'affaires de 551 millions d'euros en 2013.
Le magazine Challenges classe M. Ramery au 387e rang des fortunes françaises, avec un capital estimé à 120 millions d'euros.
En 2009, Michel Ramery, par le biais de sa société civile d'exploitation agricole Côte de la justice basée à Airaines (Somme), s'associe à trois producteurs de lait au sein d'une société civile laitière baptisée Lait Pis Carde pour mettre en commun leurs quotas laitiers et constituer progressivement le futur cheptel de la ferme des mille vaches.
Deux autres producteurs le rejoindront en 2013 et gèreront une structure commune de 300 vaches qui produit 2,8 millions de litres de lait.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/09/16/la-ferme-des-mille-vaches-retour-sur-trois-ans-de-conflits_4487536_3244.html#tx7c8rZB8goPlimp.99
En avril 2011, Michel Ramery convie une quarantaine de personnalités de la région à visiter une ferme de 800 vaches dotée d'un méthaniseur en Allemagne.
Il y a des maires, dont Henri Gauret, celui de Drucat, où la ferme des milles vaches pourrait être construite, des conseillers généraux et même le sous-préfet de la Somme.
Quatre mois plus tard, Henri Gauret découvre qu'une enquête publique doit commencer le 22 août.
Son but : évaluer le projet de M. Ramery de porter son cheptel à 1 000 vaches laitières (1 720 bovins avec les veaux et génisses), de les transférer dans les communes de Drucat et de Buigny-Saint-Maclou et de mettre en place un méthanisateur associé d'une capacité de 1,489 MW –
le plus gros d'Europe.
Le 2 novembre, l'enquête d'utilité publique conclut à une forte opposition des habitants et un « climat passionnel », mais le commissaire enquêteur rend un avis favorable, estimant que les installations pourront fonctionner « sans préjudice pour l'environnement ».
Lire : Il était une fois... la ferme des mille vaches
La contestation s'organise dans la Somme
Pendant ce temps, le maire de Drucat, Henri Gauret, alerte la population du village de 900 habitants, qui commence à s'opposer au projet.
L'association Novissen (Nos villages se soucient de leur environnement) est créée en novembre 2011, présidée par le médecin-urgentiste Michel Kfoury –
elle compte aujourd'hui 2 450 adhérents.
Le 18 février 2012, l'association organise une première manifestation contre le projet de ferme, réunissant entre 600 et 700 personnes à Abbeville.
Europe Ecologie-Les Verts, la Confédération paysanne, la Coordination rurale, l'association de Brigitte Bardot et l'ONG de défense de la condition animale L214 rejoignent l'opposition au projet.
« La Coordination rurale (...) défend la liberté de développement mais s'inquiète de ce projet industriel qui soulève de nombreuses inquiétudes et incohérences », indique le syndicat agricole minoritaire dans un communiqué en mars 2012.
Selon lui, un tel élevage reviendrait à
« éliminer 20 fermes de 50 vaches (...) qui maintiennent l'activité économique et sociale de 20 villages tout en entretenant les paysages ».
Il dénonce aussi l'enfermement des animaux « 365 jours par an sans voir un brin d'herbe »,
le bilan carbone des transports de nourriture et d'effluents ainsi que l'usage, en partie, de soja importé pour l'alimentation.


Au-delà de la mise en cause du modèle d'élevage,
L'association craint que les résidus d'azote saturent les nappes phréatiques et détériorent la qualité de vie des habitants.
La ferme géante pourrait aussi favoriser le risque d'épizootie du fait de la concentration des bovins au mètre carré,
à 600 mètres des premières habitations.
Lire notre enquête : Vaches : l'étable des multiplications
Le permis de construire est accordé
Le 1er février 2013, un arrêté préfectoral de la Picardie autorise la société civile d'exploitation agricole Côte de la justice de Michel Ramery à exploiter un élevage – plus restreint que prévu – de 500 vaches laitières (800 bovins au total) sur 18 hectares. Cette limitation correspond à la superficie des contrats d'épandage du lisier signés avec les agriculteurs, soit 1 500 hectares et non pas les 3 000 qui auraient été nécessaires à une exploitation de 1 000 vaches.
L'exploitation laitière est assortie d'un méthaniseur agricole de 1,338 MW qui permettra, à partir de 2015, de traiter à terme les fumiers et déchets d'une exploitation deux fois plus importante, si les autorités en autorisent l'extension, comme l'espèrent ses promoteurs.
Lire notre enquête : Vaches : l'étable des multiplications
Le permis de construire est accordé
Le 1er février 2013, un arrêté préfectoral de la Picardie autorise la société civile d'exploitation agricole Côte de la justice de Michel Ramery à exploiter un élevage – plus restreint que prévu – de 500 vaches laitières (800 bovins au total) sur 18 hectares. Cette limitation correspond à la superficie des contrats d'épandage du lisier signés avec les agriculteurs, soit 1 500 hectares et non pas les 3 000 qui auraient été nécessaires à une exploitation de 1 000 vaches.
L'exploitation laitière est assortie d'un méthaniseur agricole de 1,338 MW qui permettra, à partir de 2015, de traiter à terme les fumiers et déchets d'une exploitation deux fois plus importante, si les autorités en autorisent l'extension, comme l'espèrent ses promoteurs.
L'entreprise de M. Ramery souhaite convaincre d'autres céréaliers de signer pour atteindre les 3 000 hectares.
Lire le décryptage :
Lire le décryptage :
Le méthane agricole, un nouvel agro-business ?
Puis le 7 mars,
Puis le 7 mars,
un autre arrêté préfectoral, accorde le permis de construire du projet, pour des installations qui peuvent accueillir 1 000 vaches en cas d'autorisation d'agrandissement.
Le projet de ferme géante de Michel Ramery est aussi rendu possible par la suppression des quotas laitiers.
Le projet de ferme géante de Michel Ramery est aussi rendu possible par la suppression des quotas laitiers.
Avec la réforme de la politique agricole commune,
les quotas, qui avaient pour objectif de limiter et stabiliser la production, doivent disparaître en 2015.
Lire nos explications (édition abonnés) :
Lire nos explications (édition abonnés) :
La fin des quotas laitiers accélère la restructuration de l'industrie laitière
Les opposants renforcent leurs actions et retiennent un conseiller de Hollande
L'association Novissen tente, en vain, de ralentir le rouleau compresseur de l'entreprise Ramery lancée dans la construction de la ferme.
En mai 2013, elle dépose un recours auprès du préfet de la Somme et une requête en référé-suspension devant le tribunal administratif d'Amiens contre le permis de construire, qui seront tous deux rejetés.
En juin 2014, le Conseil d'Etat rejette le pourvoi de l'association.
Le 5 septembre, Novissen dépose un nouveau référé-suspension, cette fois contre l'autorisation d'exploiter.
Sur le terrain, les actions se multiplient.
Des membres de la Confédération paysanne s'introduisent sur le chantier à deux reprises, le 12 septembre 2013 et le 28 mai 2014.
Lors de la première intervention,
Les opposants renforcent leurs actions et retiennent un conseiller de Hollande
L'association Novissen tente, en vain, de ralentir le rouleau compresseur de l'entreprise Ramery lancée dans la construction de la ferme.
En mai 2013, elle dépose un recours auprès du préfet de la Somme et une requête en référé-suspension devant le tribunal administratif d'Amiens contre le permis de construire, qui seront tous deux rejetés.
En juin 2014, le Conseil d'Etat rejette le pourvoi de l'association.
Le 5 septembre, Novissen dépose un nouveau référé-suspension, cette fois contre l'autorisation d'exploiter.
Sur le terrain, les actions se multiplient.
Des membres de la Confédération paysanne s'introduisent sur le chantier à deux reprises, le 12 septembre 2013 et le 28 mai 2014.
Lors de la première intervention,
une vingtaine de personnes immobilisent les engins tandis qu'au cours de la seconde, une cinquantaine d'agriculteurs démontent une partie des installations.
Le porteur du projet dénonce un « saccage », évoquant des dégâts qui devaient dépasser « vraisemblablement les 100 000 euros ».
Dans la foulée de cette action, cinq militants sont interpellés et placés en garde à vue pour dégradations, vol et recel aggravés.
La situation se tend encore lorsque, le 30 mai, d'autres membres de la Confédération paysanne retiennent plusieurs heures Philippe Vinçon, conseiller agriculture du chef de l'Etat, à l'occasion d'une visite présidentielle à Rodez.
Les syndicalistes réclament la libération sans condition des cinq des leurs. Quelques heures plus tard, M. Vinçon est relâché, les militants sont libérés, mais les opposants à la « ferme-usine » restent nombreux.
Neuf militants de la Confédération paysanne sont finalement convoqués le 1er juillet devant le tribunal correctionnel d'Amiens pour répondre des dégradations commises.
Le porteur du projet dénonce un « saccage », évoquant des dégâts qui devaient dépasser « vraisemblablement les 100 000 euros ».
Dans la foulée de cette action, cinq militants sont interpellés et placés en garde à vue pour dégradations, vol et recel aggravés.
La situation se tend encore lorsque, le 30 mai, d'autres membres de la Confédération paysanne retiennent plusieurs heures Philippe Vinçon, conseiller agriculture du chef de l'Etat, à l'occasion d'une visite présidentielle à Rodez.
Les syndicalistes réclament la libération sans condition des cinq des leurs. Quelques heures plus tard, M. Vinçon est relâché, les militants sont libérés, mais les opposants à la « ferme-usine » restent nombreux.
Neuf militants de la Confédération paysanne sont finalement convoqués le 1er juillet devant le tribunal correctionnel d'Amiens pour répondre des dégradations commises.
Leur procès est renvoyé au 28 octobre.
La production de lait débute sur un site bloqué
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/09/16/la-ferme-des-mille-vaches-retour-sur-trois-ans-de-conflits_4487536_3244.html#tx7c8rZB8goPlimp.99
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La production de lait débute sur un site bloqué
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